Love & Tinder – in FR

Featured image by Kenesha Sneed @tactilematter By our contributor @FagnyDarya

J’ai eu récemment une conversation très intéressante avec ma meilleure amie. On a parlé, ce qui nous arrive très rarement en 5 ans d’amitié, de relations amoureuses.

Au vu de la platitude de cet aspect de ma vie, elle me conseillait vivement de m’inscrire sur les réseaux sociaux de type Tinder ou Once afin de rencontrer le mâle.

A la suite de quoi, j’ai vu le magnifique spectacle de Aziz Ansari, Buried Alive (Dispo sur Netflix by the way). Et ça m’a encouragé à tester l’expérience.

Aparté : je vous conseille tout de Aziz Ansari, il touche des sujets d’actualité (mariage pour tous, couple mixte, relation virtuelle…)

 

En bonne curieuse, j’ai téléchargé THE application : Tinder, et j’en ai parlé autour de moi.

Il s’agit là d’une pratique bien courante au Canada comme en France et au UK. Car oui, j’ai vraiment sondé toutes les personnes que je connaissais.

 

Il ne restait que moi à croire en une rencontre “naturelle”, au hasard d’un verre avec des amis, lors d’une rencontre professionnelle. J’ai vraiment trop lu Jane Austen, à attendre mon Darcy.

 

L’Amour amoureux est bien la priorité d’un bon nombre d’entre nous. On le lit, on le visualise dans nos séries, nos films, les reportages. Il est partout.

Alors on le recherche.  Par tous les moyens.

D’où Tinder, Once, Happn, Grinder… Il s’agit à présent du troisième mode de rencontre après l’école et au travail. Quand même !

 

J’ai ainsi testé conscieusement Tinder (traduction :  j’ai parlé et suis allée aux rendez vous, enfin un).

 

Et vous savez quoi ? Durant toute cette expérience, j’ai eu honte d’y être. Et je pense que beaucoup d’utilisateurs partagent ce sentiment.

Indice : l’ajout de ” On dira qu’on s’est rencontré en faisant les courses” ou encore “Mes grands parents se sont rencontrés sur Tinder”.

Des touches d’humour qui selon moi traduisent une gêne/ honte d’être sur l’application.

Est ce à cause de la réputation de l’application ? Ou est ce que simplement se dire que nous ne sommes pas capables d’aller vers quelqu’un dans notre quotidien et sommes “réduits” à essayer de découvrir de parfaits inconnus que nous ne rencontrons peut-être jamais ?

 

J’utilise le mot réduit mais le terme est inapproprié. Trop fort.

 

Beaucoup de couples se sont formés grâce aux réseaux sociaux, aux sites de rencontres, aux applications de rencontres. C’est un fait. Nous multiplions nos “relations” grâce à la facilité de rencontrer quelqu’un.

 

Pourquoi alors ai je eu honte d’être sur cette application en public ? Pourquoi étais-je tant opposée à l’idée de m’y inscrire ?

Mes amis qui y sont, sont des gens biens, fiables, cultivés et ouverts d’esprit. Il est donc possible d’y rencontrer quelqu’un de bien avec qui je pourrais bien m’entendre.

Mon introspection est en cours.

 

Après longue réflexion, m’inscrire sur ce genre d’applications était admettre que je voulais rencontre quelqu’un et donc avouer à des inconnus (ceux présents sur l’application) ce que je considère comme une faiblesse.

En quelque sorte, cela va à l’encontre de ma revendication d’indépendance. Sur le papier, c’est ridicule, chercher à être en relation n’est pas en contradiction avec mon individualité et mon indépendance.

En somme, un mécanisme illogique.

 

Bref. J’ai donc liké, et matché avec un certain nombre de mâles. J’ai accepté un date de l’un d’entre eux.

 

Il était donc clair dès le début qu’on se plaisait physiquement (enfin en photos) et qu’on était célibataire. DEUX conditions qui n’arrivent jamais dans la vraie vie.

Le jeu de séduction est changé.

 

mariajluque

Illustration by Maria J Luque @maria.j.luque

 

De nouveaux codes se sont créés. Certes on cherche toujours à plaire à l’autre mais on cherche surtout à maintenir l’attention de l’autre.

 

Oui, car demain il/elle pourrait avoir un rendez vous avec un(e) autre ou considérait qu’il peut trouver “mieux” que nous. Alors qu’au final, il/elle ne nous connait pas. Son rejet/jugement se base sur sa personne et non la nôtre.

 

L’éphémère rencontre entre deux personnes rassurent l’égo de chacun. « Oui, je plais toujours. » « Non je n’ai pas perdu mon MOJO. »

Mais est-on vraiment là pour rencontrer quelqu’un ? Apprendre à le connaître ? Avons-nous réellement la disponibilité pour accueillir quelqu’un dans notre intimité ? Ou est ce qu’on cherche à correspondre à cette dogme sociétale qui veut que l’Amour amoureux est notre ultime quête ?

 

Plusieurs témoignent qu’après ce premier rendez vous, il n’y a plus de suite. Pourquoi ?

Est ce la gêne de revoir cet autre qui s’est matérialisé ? Est ce parce que le but de la rencontre a été réalisé ?

Chacun a sa raison de ne pas reproduire l’expérience.

 

Ce que j’aimerais c’est m’affranchir du jugement des autres sur mes actions et ma situation amoureuse

Ce que j’aimerais c’est rencontrer quelqu’un avec qui je m’épanouisse et cela quelque soit le moyen.

 

Car au final, Tinder, Once, Grinder, Meetic & cie sont des moyens de rencontrer quelqu’un et quelque soit nos intentions (sex friends, plan cul ou relation amoureuse.. )

Ma gêne vient d’un du regard de l’autre, de ma vulnérabilité affichée.

 

Je vous laisse avec Mali Music et son sublime Digital

 

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